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Mazzy Star - into dust

Genesis

« Dis moi mon Oncle ?

Le voilier de tes rêves, ce serait quoi ? »

Il est resté silencieux quelques secondes comme si, pour lui, évoquer un de ses rêves était un effort.

« le voilier de mes rêves ? » dit’il, « c’est sans aucun doute un voilier des chantiers AMEL ! « .

Je n’aurai jamais pu deviner à quel point la réponse à cette question, somme toute banale, aurait une telle influence dans ma vie future…

J’ai du mal à dater précisément sur la frise de ma vie, cet échange avec mon aîné qui, entre autre, m’a initié très jeune à la voile. C’était sans doute à la fin des années 90 ou au début des années 2000.

Ce qui est certain, c’est que j’ai conservé en mémoire l’éclat de ses yeux à l’évocation de ce chantier et du voilier de ses rêves !

Ainsi, quelques années plus tard, me dirigeant vers la Vendée pour quelques jours de vacances, ce souvenir allait me conduire à un acte qui impacterait plus tard le cours de mon existence.

Eté 2012

L’autoroute entre Bordeaux et Noirmoutier est plutôt longue et monotone surtout de nuit. C’est un moment propice pour laisser libre cours à la rêverie entre deux coups d’oeil à la route. C’est donc à la hauteur d’un panneau de bifurcation vers La Rochelle qu’une idée m’est venue. Et pourquoi ne pas faire un crochet vers cette citée ? Pourquoi ne pas tenter d’approcher ce bateau, le dernier né des chantiers à cette époque : l’AMEL 55 ?

En effet, c’est sur la commune de Perigny dans l’agglomération Rochelaise, que sont installés, depuis 1968, les Chantiers AMEL.

Il faut dire que depuis quelques temps, je visite régulièrement leur site internet et souvent je rêvasse à mon tour devant les navires produits par cette entreprise. J’ai compris pourquoi mon Oncle Jacques vouait une telle admiration pour ces voiliers.

C’est quelques jours plus tard, en début d’après midi que j’ose franchir le pas. Je compose le numéro de téléphone d’AMEL YACHT et, après avoir brièvement expliqué ma démarche à un agent commercial de l’entreprise, un rendez-vous m’est fixé pour le lendemain.

3 juillet 2012

Il est 9h00 quand je passe le seuil de la porte de l’établissement. Un peu impressionné d’être là, je suis conduit dans un salon V.I.P à l’étage. C’est autour d’un thé, après un accueil très professionnel mais non moins chaleureux, que mon interlocuteur me demande à nouveau de lui préciser les raisons de ma venue.

Alors je lui raconte tout. Mon Oncle et son admiration pour les voiliers de ce chantier, ses rêves lorsqu’il passait devant le ponton AMEL avec son bateau, mon désir d’approcher un de ces coursiers des mers à mon tour…

A vrai dire, je me dis que mes motivations doivent quelque peu surprendre mon interlocuteur et je suis un peu soucieux de sa réaction.

Pourtant, cet homme jeune et très sympathique, prend juste quelques instants de réflexion et annonce le programme de la journée :

  • Visite des chantiers
  • Déjeuner au port des Minimes sur un AMEL 55
  • Sortie en mer durant l’après midi

Un peu décontenancé, j’ai dû mal alors à réaliser. Toutefois, cachant mon émotion, je surenchéris :

 » C’est vraiment un très beau programme ! » dis-je, « je n’en espérais pas tant et je vous en remercie ! Mais, la semaine prochaine, mon Oncle Jacques sera aux Sables pour quelques jours ! Aussi, ne pourrions nous pas différer cette sortie en mer afin de lui en faire profiter ?? ».

« Ok !  » dit-il. « Voilà ce que je vous propose, nous allons rien changer au programme d’aujourd’hui, et la semaine prochaine, j’organiserai à nouveau une sortie avec le voilier et cette fois avec votre Oncle !! ».

Aussi tôt dit aussi tôt fait, nous voilà donc partis pour une visite de presque la totalité des locaux de l’entreprise. Et quelle entreprise (clic sur ce lien) ; très impressionnante à vrai dire !

Après une matinée bien remplie et en avoir pris plein les yeux, nous rejoignons en voiture l’immense port des Minimes et le ponton AMEL réservé à l’entreprise.

Il y a bien une vingtaine de voiliers de plusieurs générations amarrés là et bien-sûr le dernier né : l’AMEL 55 (clic sur ce lien)

C’est à son bord qu’une charmante jeune femme nous accueille et que nous partageons un déjeuner délicieux. Après une présentation très détaillée du voilier nommé CIPANGO, nous sortons en mer sous un beau soleil d’été avec juste ce qui faut de vent pour permettre au navire de fendre la mer toutes voiles dehors.

C’est une journée idyllique et assez improbable durant laquelle je passe par toutes sortes d’émotions (clic sur ce lien) ! Comment est-ce possible de vivre quelque chose comme cela ? Et puis, ce voilier, il est vraiment magnifique ! Je me dis alors que si je possédais un tel bateau, je pourrais me lancer dans un tour du monde…

Je suis certain que mon hôte a déjà bien compris que je ne possédais pas un compte en banque à la hauteur de l’acquisition d’un tel voilier.  La journée se termine certes vaguement sur des considérations financières mais sans trop insister et c’est plutôt en convenant de se revoir la semaine suivante que nous nous quittons après cette journée pour moi mémorable.

10 juillet 2012

Sans lui révéler l’objet de notre déplacement à La Rochelle, je suis venu aux Sables d’Olonnes retrouver mon Oncle. Après moins de deux heures de voiture, nous voilà attablés dans un restaurant Rochelais tout proche du vieux port. Un peu avant la fin du repas, n’y tenant plus, je lui demande :

« Mon Oncle, te souviens-tu de ta réponse, lorsqu’il y a quelques années, je t’ai demandé quel pourrait être le voilier de tes rêves ? »,

« Oh j’ai dû te répondre que c’était un AMEL » rétorque t’il sans attendre,

« Et bien mon Oncle, voilà pourquoi nous sommes ici aujourd’hui. Cet après-midi, nous sommes attendus au port des Minimes et nous allons monter à bord du dernier né des chantiers puis nous sortirons quelques heures en mer !! ».

Il m’a regardé sans réagir sur le moment. Le temps était comme suspendu et je guettais dans ses yeux une réaction.

Alors,  j’ai repris la parole et j’ai raconté en détail ma visite aux chantiers quelques jours plus tôt.

Il ne dit rien mais au bout de quelques instants une larme est apparue dans ses yeux, vite dissimulée d’un revers de main.

Instant rare chez cet homme peu enclin à laisser paraître ses émotions.

C’est sans plus un mot que nous avons regagné mon véhicule et que nous nous sommes rendus sur le ponton AMEL.

Sur CIPANGO, Boris et Nathalie, nos hôtes, nous attendaient comme prévu. Nous avons aidé mon Oncle a gravir le bastingage puis le voilier a appareillé. Il s’est assis dans le cockpit à tribord. Lorsque que je croisais son regard durant la navigation, ses yeux souriaient et son visage était lumineux.

Cet après midi là, le long de la côte Vendéenne, à bord d’un AMEL, mon Oncle Jacques a vécu sa dernière sortie en mer.

Il nous a quitté quelques temps plus tard.

Juillet 2021

Depuis, cette histoire me suit partout.

Je l’ai raconté souvent, encore il y a quelques jours lors d’une escale technique à Hyères. Je l’ai raconté à des membres de l’équipe d’AMEL Méditerranée. Comme à chaque fois, j’ai senti l’émotion serrée ma gorge lors de la narration et j’ai vu, comme souvent, un sourire ému sur le visage de mes auditeurs.

Les acteurs principaux de cette histoire sont aussi toujours présents dans ma vie.

Boris, à l’époque membre de l’équipe commerciale d’AMEL, sans qui rien de tout cela aurait pu avoir lieu, est toujours là, à mes côtés.

Nathalie, qui travaillait sur les navires et les préparaient pour leur présentation, est, elle aussi, toujours présente.

Par leur gentillesse et leur cœur, ils ont permis tous les deux à mon Oncle de vivre son rêve d’homme et de marin. Je leur suis profondément reconnaissant ! Reconnaissant pour lui mais aussi pour cet acte gratuit qui aura généré tant de joie et de bienveillance autour de nous.

Et puis, cette journée de juillet, il y a maintenant neuf ans, m’a, d’une certaine manière, amené là où je suis ce soir en écrivant ces quelques mots : à bord de mon voilier.

A bord d’un navire construit il y a trente ans par un homme qui se nommait Henri AMEL. Aujourd’hui, son bateau est prêt pour un tour du monde.

Quand à toi, mon Oncle, comme à chaque fois que je navigue, tu es présent à la table à carte et à chaque fois que j’y descends pour faire un point, je t’y salue.

 

PARIS salon nautique

Je suis venu te retrouver au salon nautique de Paris un jour de décembre. Depuis que tu as pris ta retraite, il t’arrive d’y travailler pour un fabricant d’électronique de bord. Et ce jour là, tu m’expliques que le soir après la fermeture du salon, lorsque seuls les exposants se retrouvent au sein de l’immense hall d’exposition, tu t’éclipses quelques instants vers le stand AMEL histoire de voir le bateau de tes rêves.

A cette époque, et j’en ai pris conscience il y a pas si longtemps, le magnifique voilier exposé à tes yeux, juste pour toi mon Oncle, c’était un Super Maramu.

 

O.Céanis 

A bord d’ALBACORE IV

(Super Maramu)

 

“Tell me, Uncle?
What would the sailboat of your dreams be?”

He remained silent for a few seconds as if, for him, evoking one of his dreams was an effort.

“the sailboat of my dreams?” he said, “it’s without a doubt a sailboat from the AMEL shipyard!”.

I could never have guessed to what extent the answer to this question, quite banal, would have such an influence in my future life…

I find it difficult to precisely date on the timeline of my life, this exchange with my eldest who, among other things, introduced me to sailing at a very young age. It was probably the late 90s or early 2000s.

What is certain is that I remember the sparkle in his eyes when he talked about this site and the sailboat of his dreams!

So, a few years later, heading to Vendée for a few days of vacation, this memory would lead me to an act that would later impact the course of my existence.

Summer 2012

The highway between Bordeaux and Noirmoutier is rather long and monotonous, especially at night. It’s a good time to give free rein to daydreaming between two glances at the road. So it was at the height of a sign for La Rochelle that an idea came to me. And why not make a detour to this city? Why not try to approach this boat, the latest addition to the shipyards at that time: the AMEL 55?

Indeed, it is in the town of Perigny in the Rochelaise area that the AMEL Shipyards have been established since 1968.

It must be said that for some time now, I have regularly visited their website and often daydream about the ships produced by this company. I understood why my Uncle Jacques had such admiration for these sailboats.

It was a few days later, at the beginning of the afternoon, that I dared to take the plunge. I dial the AMEL YACHT telephone number and, after briefly explaining my approach to a sales agent of the company, an appointment is made for me for the next day.

July 3, 2012

It’s 9:00 a.m. when I walk through the door of the establishment. A little impressed to be there, I am taken to a V.I.P lounge upstairs. It was around tea, after a very professional but no less warm welcome, that my interlocutor asked me again to explain the reasons for my visit.

So I tell him everything. My Uncle and his admiration for the sailboats of this shipyard, his dreams when he passed in front of the AMEL pontoon with his boat, my desire to approach one of these sea couriers in my turn…

To tell the truth, I tell myself that my motivations must somewhat surprise my interlocutor and I am a little concerned about their reaction.

However, this young and very friendly man just takes a few moments of reflection and announces the program for the day:

Site visit
Lunch at the port of Minimes on an AMEL 55
Sea trip during the afternoon

A little taken aback, I must have had difficulty realizing it. However, hiding my emotion, I outbid:

“It’s really a great program!” I said, « I wasn’t expecting that much and I thank you for it! But, next week, my Uncle Jacques will be in Les Sables for a few days! So, couldn’t we postpone this sea trip in order to give him some enjoy ?? ».

“Okay!” he said. “Here is what I propose to you, we are not going to change anything in today’s program, and next week, I will organize an outing with the sailboat again and this time with your Uncle!!”.

So soon said, so soon we set off for a visit to almost all of the company’s premises. And what a company (click on this link); very impressive indeed!

After a busy morning and having had an eyeful, we reach by car the immense port of Minimes and the AMEL pontoon reserved for the company.

There are around twenty sailboats from several generations moored there and of course the latest one: the AMEL 55 (click on this link)

It is on board that a charming young woman welcomes us and we share a delicious lunch. After a very detailed presentation of the sailboat named CIPANGO, we go out to sea under a beautiful summer sun with just enough wind to allow the ship to cut through the sea under full sail.

It’s an idyllic and quite improbable day during which I go through all kinds of emotions (click on this link)! How is it possible to experience something like this? And then, this sailboat is really magnificent! I then said to myself that if I had such a boat, I could embark on a world tour…

 

I am certain that my host has already understood that I do not have a bank account suitable for the acquisition of such a sailboat. The day certainly ends vaguely on financial considerations but without insisting too much and it is rather by agreeing to see each other again the following week that we part ways after this memorable day for me.

July 10, 2012

Without revealing to him the purpose of our trip to La Rochelle, I came to Les Sables d’Olonnes to find my Uncle. After less than two hours by car, we are seated in a Rochelais restaurant very close to the old port. A little before the end of the meal, I couldn’t stand it any longer, I asked him:

“Uncle, do you remember your answer when, a few years ago, I asked you what your dream sailboat could be? « ,

“Oh I had to tell you that it was an AMEL” he retorts without delay,

“Well Uncle, that’s why we’re here today. This afternoon, we are expected at the port of Minimes and we will board the latest shipyard and then we will go out at sea for a few hours!! « .

He looked at me without reacting at the time. Time seemed to stand still and I watched for a reaction in his eyes.

So,  I spoke again and recounted in detail my visit to the construction sites a few days earlier.

He said nothing but after a few moments a tear appeared in his eyes, quickly hidden with the back of his hand.

Rare moment for this man who is reluctant to let his emotions show.

Without another word, we returned to my vehicle and went to the AMEL pontoon.

On CIPANGO, Boris and Nathalie, our hosts, were waiting for us as planned. We helped my Uncle climb the rail then the sailboat set sail. He sat in the starboard cockpit. When I met his gaze during navigation, his eyes smiled and his face was luminous.

That afternoon, along the Vendée coast, aboard an AMEL, my Uncle Jacques experienced his last outing at sea.

He left us some time later.

July 2021

Since then, this story has followed me everywhere.

I have told it often, again a few days ago during a technical stopover in Hyères. I told it to members of the AMEL Méditerranée team. As always, I felt the emotion tighten in my throat during the narration and I saw, as often, an emotional smile on the faces of my listeners.

The main actors in this story are also still present in my life.

Boris, at the time a member of the AMEL sales team, without whom none of this could have happened, is still there, by my side.

Nathalie, who worked on the ships and prepared them for their presentation, is also always present.

Through their kindness and their hearts, they both allowed my Uncle to live his dream as a man and a sailor. I am deeply grateful to them! Grateful for him but also for this free act which generated so much joy and goodwill around us.

And then, that day in July, nine years ago now, brought me, in a certain way, to where I am this evening by writing these few words: on board my sailboat.

On board a ship built thirty years ago by a man named Henri AMEL. Today, his boat is ready for a world tour.

As for you, my Uncle, as every time I sail, you are present at the chart table and every time I go down there to take stock, I greet you there.

PARIS boat show

I came to meet you at the Paris boat show one day in December. Since you retired, you have worked for an on-board electronics manufacturer. And that day, you explained to me that in the evening after the show closed, when only the exhibitors were in the huge exhibition hall, you slipped away for a few moments towards the AMEL stand just to see the boat of your dreams.

At that time, and I became aware of it not so long ago, the magnificent sailboat exposed to your eyes, just for you my Uncle, was a Super Maramu.

 

O.Céanis

On board ALBACORE IV

(Super Maramu)

 

 

 

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