Août 1991
Arrivés depuis peu sur le sol de cette île encore pour moi inconnue, nous gravissons, virage après virage, la montagne. La route est parfois étroite et serpente au sein d’une végétation asséchée par un soleil éclatant qui domine sans partage un ciel bleu azur.
Cette route, qui semble interminable, se termine dans ce village perché à flan de montagne. C’est un village que l’on regarde en levant les yeux, avec l’humilité du profane tant il est beau.
Le 15 Août à RISIU (clic sur le lien), on y célèbre, comme partout en Corse, la fête de la Vierge. Dans son église, la longue messe se dit en latin et en langue Corse. Les hommes et les femmes, revenus souvent pour l’occasion du continent, sont séparés par l’allée centrale. Tous écoutent religieusement les chants sacrés et des chants polyphoniques dont la puissance résonne parmi les murs voûtés.
En attendant la procession de l’après-midi, le repas se passe en famille dans la grande maison étagée à flanc de montagne. Autour d’une grande table, seuls les hommes s’attablent et déjeunent ensemble. Les plats défilent et mettent en valeur une cuisine locale et ancestrale.
Puis, c’est l’heure de la sieste. On s’étend sur des matelas prévus à cet usage dans une grande cave fraîche au milieu des conserves de fromages, de terrines et de confitures.
La procession qui débute en fin d
’après-midi, traverse la cité.
Derrière la vierge portée, les notables suivis par une grande partie du village marchent vers une grande croix au loin. Au dessus, sur les petits sentiers qui dominent les maisons et les ruelles, des hommes de tous les âges tirent des coups de feu en l’air.
Le soir venu, à pied sous un ciel au million d’étoiles, on se doit d’honorer de sa présence les deux cafés où l’on danse, où l’on boit la liqueur de myrte et où l’on chante encore et encore.
C’est comme cela qu’il y a 30 ans, presque jour pour jour, que débuta une histoire d’Amour.
Septembre 1991
- « Oh Olivier ! Cet après midi, on va attraper les anguilles ! ».
Il suffit de faire quelques centaines de mètres et dès la sortie du village, on progresse à pied dans les champs et les vergers. A cette époque, il n’y a ni barrière et ni barbelé qui délimitent les parcelles, juste des vaches, des chèvres et quelques cochons à demi sauvages que l’on rencontre au détour des sentiers.
Dans le lit d’un ruisseau, progressant sans un bruit, Jean-Francois dit Toutoune se baisse et retourne d’une main assurée une grosse pierre. Armé seulement d’une fourchette, il pique d’un coup sec une longue anguille d’eau douce qui tente de s’échapper.
- « Et voilà dit-il, c’est comme cela qu’il faut faire ».
Ce soir là, attablés sur la petite terrasse d’une résidence de vacances, nous avons dégusté religieusement le fruit de notre première pêche… à la fourchette.
Des anecdotes comme celle-ci, il en existe des dizaines à raconter. Il faut dire que Corsica est une terre d’aventures et durant toutes ces années, après l’avoir parcouru de long en large, par la mer ou par la terre, il y aurait de quoi raconter autour d’une Pietra.
Aimer la Corse, ce n’est pas simplement aimer cette île de beautés, c’est aussi aimer ses habitants.
Et c’est plus particulièrement à ce pêcheur d’anguilles et de langoustes que je souhaite rendre un hommage.
Toutoune, mon ami bien trop tôt disparu, c’est à toi et aux tiens que je pense en écrivant ces quelques lignes.
Par ta personnalité, tu as su me traduire toute l’âme de ta Terre.
Dans cette résidence, que tu as bâti de tes mains et dans laquelle j’ai passé tant de jours heureux, j’ai reçu cette bienveillance et cette hospitalité dont les Corses font la preuve lorsqu’ils t’ont adopté.
Fidélité à l’amitié jamais démentie, aujourd’hui encore, Ginou ta femme, Jean-François et Bia tes enfants et toute l’équipe de « La Vallicella » (clic sur le lien) sont présents et resterons présents dans ma vie. 
C’est en parcourant une fois encore les paysages de ton île pour venir te saluer, sur les hauteurs du Golfe de Porto, que je te dédie ces quelques images. (clic sur le lien).
Pace e Salute Toutoune !
U mo amicu per sempre !
O.Céanis
A bord d’ALBACORE IV
August 1991
Having recently arrived on the ground of this island, still unknown to me, we climb the mountain, bend after bend. The road is sometimes narrow and winds through vegetation dried out by a bright sun which dominates an azure blue sky.
This road, which seems endless, ends in this village perched on the mountainside. It is a village that we look at by looking up, with the humility of a layman, it is so beautiful.
On August 15 in RISIU (click on the link), we celebrate, like everywhere in Corsica, the feast of the Virgin. In his church, the long mass is said in Latin and the Corsican language. The men and women, often returning from the continent for the occasion, are separated by the central aisle. Everyone listens religiously to the sacred chants and polyphonic chants whose power resonates among the vaulted walls.
While waiting for the afternoon procession, the meal is spent with the family in the large house on the mountainside. Around a large table, only the men sit down and eat lunch together. The dishes parade and highlight local and ancestral cuisine.
Then it’s nap time. We lie down on mattresses provided for this purpose in a large cool cellar among preserved cheeses, terrines and jams.
The procession which begins at the end of
In the afternoon, crosses the city.
Behind the virgin carried, the notables followed by a large part of the village walk towards a large cross in the distance. Above, on the small paths which dominate the houses and alleys, men of all ages fire shots into the air.
When evening comes, on foot under a sky of a million stars, we must honor with our presence the two cafés where we dance, where we drink myrtle liqueur and where we still sing and Again.
This is how 30 years ago, almost to the day, a love story began.
September 1991
“Oh Oliver! This afternoon, we’re going to catch eels! « .
You just have to walk a few hundred meters and as soon as you leave the village, you progress on foot through the fields and orchards. At that time, there were no fences or barbed wire demarcating the plots, just cows, goats and a few semi-wild pigs that we encountered along the paths.
In the bed of a stream, progressing without a sound, Jean-Francois dit Toutoune bends down and turns over a large stone with a confident hand. Armed only with a fork, he sharply stings a long freshwater eel that is trying to escape.
“And there you have it,” he said, “that’s how it should be done.”
That evening, seated on the small terrace of a holiday residence, we religiously tasted the fruit of our first peach… with a fork.
There are dozens of anecdotes like this to tell. It must be said that Corsica is a land of adventure and during all these years, after having traveled up and down it, by sea or by land, there would be plenty to talk about around a Pietra.
To love Corsica is not simply to love this island of beauty, it is also to love its inhabitants.
And it is more particularly to this eel and lobster fisherman that I wish to pay tribute.
Toutoune, my friend who died far too soon, it is of you and yours that I am thinking as I write these few lines.
Through your personality, you were able to translate the whole soul of your Earth to me.
In this residence, which you built with your hands and in which I spent so many happy days, I received this benevolence and this hospitality which the Corsicans demonstrated when they adopted you.
Loyalty to friendship never denied, even today, Ginou your wife, Jean-François and Bia your children and the entire team of “La Vallicella” (click on the link) are present and will remain present in my life.
It is while once again traveling through the landscapes of your island to come and greet you, on the heights of the Gulf of Porto, that I dedicate these few images to you. (click on the link).
Pace and Salute Toutoune!
U mo amicu per semper!
O.Céanis
On board ALBACORE IV


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