21 Novembre 2023
« Marina Alcaidesa, Linéa de la Conception »
Le jour commence tout juste à chasser l’obscurité et, autour du voilier, un brouillard dense et humide nous entoure. Un brume épaisse a voilé les étoiles en cette fin de nuit et l’humidité de l’air frais est intense. Nous n’y voyons pas à cinquante mètres. Fort heureusement, le radar fait merveille et il transperce ce mur blanchâtre; notre sécurité, dans ces conditions, ne repose plus que sur lui.
Et soudain, juste au changement de quart, la traine restée en place toute la nuit chante pour la première fois. Il nous faudra plus d’une demi heure pour remonter à bord ce magnifique poisson… Première pêche à bord d’Albacore ! Le repos tant mérité après ce quart de nuit attendra.
Après une journée de navigation avec toujours le vent absent ou contre nous, nous mouillons pour la nuit dans la baie de Rodalquilar (clic sur le lien).
Et ce n’est qu’au matin, alors que le soleil inonde d’une lumière chaude les falaises crayeuses de la baie, que nous prenons la mesure de la beauté de l’endroit. L’eau est d’une grande limpidité, nous sommes seuls, devant nous une plage de sable fin et pas un souffle de vent. Juste le silence. Nous ressentons une grande paix intérieure devant ce décor magnifique (clic sur le lien).

Il ne faudra pas très longtemps pour descendre l’annexe à l’eau et pour rejoindre la plage.


Il ne reste plus qu’à suivre les sentiers de craies qui serpentent entre les plantes xérophiles pour rejoindre le bord des rochers et admirer.

Nous quittons à regret cette baie à la nuit tombée pour une longue navigation de nuit. La mer est calme et le voilier fend sa surface sous le ciel étoilé.
Et tout d’un coup, comme par magie, ils apparaissent !
Ils sont peut-être une dizaine quand ils longent la coque d’Albacore et jouent à son étrave. Ils nagent enveloppés de plantons fluorescents et dessinent, au gré de leurs arabesques, des traits de lumière. Ces petits dauphins bleus et blancs de Méditerranée vont nous accompagner à plusieurs reprises tout au long de la nuit et jusqu’au matin. Des rencontres comme celles là nous procurent un si grand bonheur, elles justifient tous nous efforts pour être là.
Enfin, le vent portant se lève. Plutôt modéré, une quinzaine de noeuds au départ jusqu’à 20 noeuds parfois. Les voiles d’Albacore sont à poste et enfin nous coupons le moteur. Il nous reste encore 24 heures de navigation jusqu’aux colonnes d’Hercule. Le problème, c’est que plus nous nous en approchons et plus le courant contre nous lève la mer du vent.
Quand nous rencontrons des vagues de plus d’un mètre cinquante et que l’on navigue vent arrière, très vite le bateau roule. Se déplacer, manger ou dormir devient compliqué.
« Une main pour soi et une main pour le bateau » dit l’adage ! Il faut renforcer les bouts qui maintiennent l’annexe contre le portique ou intervenir sur les passes avants et c’est le gilet de sauvetage et la longe de sécurité garantis.

De plus, il faut louvoyer entre les tankers qui pullulent dans ces eaux. Pas moyen de baisser la garde, car vite il faut intervenir sur le pilote pour changer de cap. Même si parfois, nous sommes prioritaires, vaut mieux ne pas rester sur leur chemin.

C’est au petit matin, sous un ciel très nuageux, que se dessine enfin, devant nos yeux rougis par la fatigue, le Rocher de Gibraltar !
S’en suit quelques jours de repos et de reconditionnement du bateau et de son équipage. Un peu de tourisme aussi, avec la visite d’un très joli jardin botanique et de la réserve naturelle perchée sur le Rocher à 426 mètres (clic sur le lien).





Mais déjà, il nous faut penser à la suite du voyage et consulter, à nouveau, les fichiers météo.
Peut-être une fenêtre bientôt…

L’atlantique, c’est part là !!!
Perle et O.Céanis
A bord d’ALBACORE IV
November 21, 2023
« Marina Alcaidesa, Linea of Conception »
The day is just beginning to chase away the darkness and around the sailboat a dense and humid fog surrounds us. A thick mist has veiled the stars during this late night and the humidity of the fresh air is intense. We can’t see fifty meters away. Fortunately, the radar works wonders and it pierces this whitish wall; our safety, in these conditions, rests solely on it.
And suddenly, just at the shift change, the train that had been in place all night sings for the first time. It will take us more than half an hour to get this magnificent fish back on board… First fishing aboard Albacore! The much-deserved rest after this night shift will wait.
After a day of sailing with the wind still absent or against us, we anchor for the night in the bay of Rodalquilar (click on the link).
And it is only in the morning, when the sun floods the chalk cliffs of the bay with warm light, that we appreciate the beauty of the place. The water is crystal clear, we are alone, in front of us is a beach of fine sand and not a breath of wind. Just silence. We feel great inner peace in front of this magnificent setting (click on the link).
It won’t take very long to get the tender down to the water and onto the beach.
All that remains is to follow the chalk paths which wind between the xerophilous plants to reach the edge of the rocks and admire.
We regretfully leave this bay at nightfall for a long night navigation. The sea is calm and the sailboat slices its surface under the starry sky.
And suddenly, like magic, they appear!
There are perhaps ten of them when they skirt the hull of Albacore and play on her bow. They swim wrapped in fluorescent ornaments and draw lines of light with their arabesques. These little blue and white Mediterranean dolphins will accompany us several times throughout the night and until the morning. Meetings like this give us such great happiness, they justify all our efforts to be there.
Finally, the downwind picks up. Rather moderate, around fifteen knots at the start up to 20 knots sometimes. Albacore’s sails are in position and we finally cut the engine. We still have 24 hours of sailing to the Pillars of Hercules. The problem is that the closer we get to it, the more the current against us raises the sea of wind.
When we encounter waves of more than five feet and we are sailing downwind, the boat very quickly rolls. Moving, eating and sleeping becomes complicated.
“One hand for yourself and one hand for the boat” goes the adage! It is necessary to reinforce the ends which hold the annex against the gantry or to intervene on the forward passages and the life jacket and the safety lanyard are guaranteed.
In addition, you have to navigate between the tankers that abound in these waters. There is no way to let your guard down, because you quickly have to intervene on the pilot to change course. Even if sometimes we have priority, it is better not to stand in their way.
It was early in the morning, under a very cloudy sky, that the Rock of Gibraltar finally came into view, before our eyes, reddened by fatigue!
A few days of rest and reconditioning of the boat and its crew followed. A little tourism too, with a visit to a very pretty botanical garden and the nature reserve perched on the Rock at 426 meters (click on the link).
But already, we need to think about the rest of the trip and consult the weather files again.
Maybe a window soon…
The Atlantic is here !!!
Pearl and O.Céanis
On board ALBACORE IV

6 Comments
Cécile
23 novembre 2023 at 8h08Magnifique récit… Encore une fois, bon vent à vous. Prenez soin de vous. Bonne route et à très vite de vous lire…
Perle&O.Ceanis
24 novembre 2023 at 17h15Merci Cécile pour ces encouragements !! Nous allons faire au mieux pour vous faire partager notre petite aventure !
P&O
Emilie
21 novembre 2023 at 18h07Merci de nous faire voyager avec vous 😊. Faites attention à vous tout de même!
Perle&O.Ceanis
21 novembre 2023 at 18h16C’est un réel plaisir pour nous de partager cette aventure ! Merci encore d’être à nos côtés !!! P & O
Karine
21 novembre 2023 at 11h40C’est vraiment magnifique et merci de nous faire partager votre voyage
J’espère que le poisson était bon
Perle&O.Ceanis
21 novembre 2023 at 11h50C’est notre but ! faire partager ce que vivons et tenter ainsi de vous emmener un peu avec nous ! Merci d’être à nos cotés ! Quant au « poisson » nous en mangeons encore aujourd’hui et il est délicieux 😉
P & O